
Résumé des idées principales :
- L’Étranger explore la philosophie de l’absurde : la vie n’a pas de sens intrinsèque, et l’homme est confronté à cette réalité sans échappatoire.
- Meursault est un personnage détaché, étranger au monde, à autrui et à lui-même, qui finit par accepter l’absurdité de l’existence.
- Le roman est structuré en deux parties : la banalité du quotidien, puis un procès où le héros est jugé plus pour son indifférence que pour son crime.
- La lumière joue un rôle oppressant, accentuant le malaise existentiel de Meursault et participant à sa perte.
ABSURDE:
- Nos actions ne sont pas prédéterminés
- La vie n’a aucun sens
- La quête du sens de la vie est ironique et empêche à l’être humain d’être hereux
Camus nous balance une vérité brutale : la vie n’a pas de sens. Et c’est justement en cherchant désespérément à en trouver un qu’on se coupe du bonheur. Meursault, le personnage principal, incarne cette absurdité. Il ne joue pas le jeu des normes sociales. Il est détaché, froid, étranger à tout ce qui l’entoure : sa mère, les émotions, la société… et surtout lui-même.
L’Étranger, ce n’est pas l’homme qu’il tue. C’est lui. C’est Mersault. Il ne rentre dans aucune case. Il refuse d’inventer des sentiments qu’il ne ressent pas. Ce qui nous choque en tant que lecteur, ce n’est pas le meurtre en tant que tel, mais son indifférence face à la vie.
Dès la première phrase du roman : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. », le lecteur est confronté à une indifférence dérangeante. Ce ton détaché annonce un personnage qui refuse les codes sociaux de l’émotion attendue. Ce n’est pas de la provocation. C’est juste que Meursault ne joue pas le jeu de la société, et c’est précisément ce qui le condamne.
Deux parties, deux descentes
Le roman est divisé en deux parties. Dans la première, Camus décrit le quotidien banal de Meursault : ses promenades, sa liaison avec Marie, son voisinage avec Raymond. Il agit sans passion, accepte de se marier sans véritable désir, simplement parce que cela semble convenable, et parce qu’il veut faire plaisir à Madame. Il avance sans but, sans passion. Il vit sans chercher à donner un sens particulier à ses actes.
La seconde partie débute après qu’il a tué un homme, un Arabe, dans des circonstances floues. Cependant, ce n’est pas un crime passionnel, ni un acte prémédité : il tire presque par hasard, aveuglé par le soleil, gêné par la sa lumière éclatante et la sueur qui lui coulait sur les yeux. Le procès qui suit ressemble davantage à une mise en scène issue du théatre de l’absurde qu’à une véritable quête de justice. Pendant son procès, Meursault reste spectateur. Il ne cherche pas à se défendre. Il ne ment pas. Il laisse les autres parler pour lui. Il ne joue pas le rôle que la société attend. Et c’est justement pour ça qu’on veut le condamner.
La lumière : symbole de l’oppression existentielle
Dans ce roman, la lumière est étouffante. Elle n’éclaire pas, elle écrase. Elle révèle tout ce qu’on ne veut pas voir : la vacuité du quotidien, l’inconfort d’être en vie sans direction. Lors de la scène du meurtre, c’est justement cette lumière crue, insupportable, qui désoriente Meursault. Elle devient presque un personnage à part entière, qui pousse à l’acte.
Paradoxalement, c’est dans l’ombre de sa cellule, seul, qu’il commence à réfléchir. C’est là, dans le silence et la pénombre, qu’il commence à comprendre ce qu’il ressentait depuis le début. Il ne trouve pas de réponses, mais il finit par faire la paix avec l’absurde. Et dans ce vide, il découvre enfin un genre de liberté
La conclusion de l’absurde : une paix lucide
Dans les dernières lignes du roman, Meursault déclare se sentir heureux. Cette phrase peut sembler choquante, mais elle résume parfaitement la pensée de Camus : le bonheur n’est possible que si l’on accepte l’absurde, si l’on cesse de chercher un sens caché à l’existence. Meursault ne cherche plus à échapper à sa condition. Il accueille la vie telle qu’elle est, dans toute sa brutalité, et parvient ainsi à une forme de sérénité lucide. Meursault, c’est le refus des faux-semblants. C’est un homme qui ne joue pas un rôle pour plaire ou pour s’intégrer. Il accepte la vie telle qu’elle est : brute, injuste, incohérente. Et à la toute fin, c’est justement en acceptant cette absurdité qu’il réussit à se réconcilier avec la vie. Il n’espère plus rien, il ne se bat plus contre le vide. Et là, il découvre une forme de paix : « J’ai senti que j’avais été heureux, et que je l’étais encore. »
SOURCES
- L’étranger d’Albert Camus
- L’absurdité de notre monde à la lumière de “L’étranger” de Camus
- Regard sur L’Étranger de Camus | Cairn.info
