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Fun Home de Alison Bechdel

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Alison Bechdel, déjà connue pour Dykes to Watch Out For, a frappé fort avec Fun Home (2006). Et franchement, ce n’est pas juste une bande dessinée parmi d’autres : c’est une œuvre qui bouscule, qui dérange et qui touche. Ce n’est pas un hasard si elle est étudiée dans les universités. À travers un mélange brillant de texte et d’illustration, Bechdel explore des thèmes aussi universels qu’intimes : la sexualité, la famille, l’identité… et tout ça avec une sincérité brute qui ne laisse pas indemne.

Dès les premières pages, on sent que Fun Home est plus qu’un simple récit autobiographique. L’auteure joue avec deux langages : les mots et le dessin. Et ce n’est pas juste un complément visuel – c’est un dialogue constant entre ce qu’on lit et ce qu’on voit. Les illustrations capturent des émotions impossibles à retranscrire en mots : des regards lourds de sous-entendus, des postures figées dans l’inconfort… Et en parallèle, le texte nous plonge dans une réflexion intime, presque obsessionnelle, sur le passé et ses zones d’ombre.

L’histoire suit Alison depuis son enfance jusqu’à l’âge adulte, avec en toile de fond sa relation complexe avec son père, Bruce. Un homme en apparence rigide, maniéré, passionné de littérature et d’art, mais qui cachait une part de lui-même, notamment son homosexualité. C’est là que Fun Home devient plus qu’un simple témoignage : c’est une quête de sens. Alison cherche à comprendre qui était vraiment son père, mais aussi à se comprendre elle-même. En révélant son propre coming-out, elle met en parallèle son identité et celle de Bruce, leurs similitudes, leurs silences… et ce fossé qui les sépare malgré tout.

Ce qui m’a marqué, c’est la manière dont Bechdel ne nous donne jamais de réponses toutes faites. Elle ne cherche pas à simplifier son histoire, ni à juger son père. Au contraire, elle laisse place à l’ambiguïté, aux non-dits, aux regrets. Fun Home parle de famille, mais pas d’une famille idéalisée : c’est une histoire de malentendus, de douleurs enfouies, d’amour maladroit. Et c’est ce qui la rend aussi puissante.

En refermant le livre, on n’a pas juste lu une autobiographie, on a partagé un bout d’âme. Et ça, c’est rare.

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